Hôpital auxiliaire n° 108 installé dans la maison particulière de Monsieur Soclet.
7 rue Michel-Yvon, 76600 Le Havre.



Légende : Photographie de l’hôpital auxiliaire Soclet, 7 rue Michel-Yvon.




Durant la Première Guerre Mondiale, le Comité du Havre de l’Union des Femmes de France, siégeait à l’adresse du 112 Cours de la République, dans l’enceinte du dispensaire Dollfus. Ce dispensaire reçut, dès le 3 septembre 1914, de multiples blessés de guerre et pris donc le nom d’ « Hôpital auxiliaire n°108 ». Notons qu’encore actuellement, le 112 Cours de la République, accueille un des postes de la Croix-Rouge Française.

Remontons un peu le temps pour comprendre l’histoire de ces différentes associations. En 1864, la France mit en place la Société de Secours aux Blessés Militaires (la SSBM). C’est 15 ans après, en 1879, que l’Association des Dames Françaises (ADF), et en 1881, que l’Union des Femmes de France (UFF) furent créées. Le 7 août 1904 exactement, ces 3 sociétés se regroupèrent pour fonder la Croix-Rouge Française. La conséquence fut que de nombreuses propriétés, appartenant à ces anciennes associations, furent léguées à la Croix-Rouge, dont l’exemple de Dollfus. Ce dispensaire ne mettant qu’une vingtaine de lits à disposition des blessés affluant du front et le peu de moyens financiers dont ce comité disposait n’arrangeait en rien la situation. Le nombre de blessés allant croissant, Monsieur Soclet, dès le 10 septembre 1914, mit généreusement sa propriété à disposition. La demeure, construite au 7 rue Michel-Yvon au Havre, pris donc nom d’« Hôpital auxiliaire n°108 bis » ou bien encore « Soclet ». Après de nombreux aménagements, cette propriété accueillit, dès le 26 septembre 1914, ses 21 premiers blessés de guerre. Ce n’est pourtant qu’en juin 1915 que le dispensaire Dollfus, le siège de l’Hôpital auxiliaire n°108, ferma ses portes. C’est alors à cette date que l’hôpital auxiliaire n°108 bis (Soclet) devint l’hôpital auxiliaire n°108.

L’entresol de la maison Soclet accueillait la grande salle à manger (dont nous pouvons avoir un aperçu sur la prochaine photographie), deux salles de blessés, une salle de pansements, le bureau de l'administrateur, le bureau du secrétaire, ainsi que la cuisine. Un étage bien rempli donc.

Légende : Photographie de blessés déjeunant. Du cidre, du lait, ou bien du vin leur étaient donnés comme boissons. Les blessés pouvaient manger du potage, un plat de viande ou bien encore des légumes. Les repas de fêtes, tels ceux de Noël, étaient plus soignés.

Légende : Nous pouvons voir sur la photographie ci-dessus un aperçu de la salle n°3, situé au 1er étage, où 18 lits y étaient agencés.

De plus, bien que les infirmières soient volontaires, toutes devaient passer un diplôme. Dès le 15 octobre 1915, le nombre d'infirmières suivant les cours pour l'obtention de ce brevet s'élevait à 55. Les médecins, s'occupant des blessés, donnaient eux-mêmes des cours de pharmacie, d'anatomie, de soins aux blessés et de soins aux malades. Après 3 mois de préparation, le 23 et le 24 janvier 1916, 45 d'entre elles obtinrent cet examen.

Légende : Voici une photographie d'un groupe d'infirmières et de quelques blessés, prise dans le jardin de l'hôpital Soclet.




Notons que l'Hôpital auxiliaire n°108 fut particulièrement sollicité, dans les derniers temps de la Grande Guerre, pour recevoir des blessés gazés et des blessés en convalescence. Soclet dut fermer ses portes à trois reprises. Du 19 janvier 1916 au mois d'août 1916, une première fermeture fut effectuée pour cause d'absence de blessés. Le 24 juillet 1916, 25 blessés du front arrivèrent et provoquèrent la réouverture des services de cet établissement. Le 5 janvier 1917, cet hôpital militaire ferma à nouveau ses portes mais les réouvrit le 20 février 1917. 35 blessés du front furent acheminés vers cet hôpital militaire, qui avait, au fil du temps, acquis un certain savoir. L'hôpital est de nouveau fermé le 8 décembre 1917 et ne rependra son fonctionnement que le 12 juin 1918, avec l'arrivée de 26 malades et blessés. C'est à la date du 31 décembre 1918, que les autorités prirent la décision de fermer définitivement les portes de cette maison particulière qui, tout de même, avait accueilli 855 blessés et malades, tout au long de ces 4 années.

Source : Croix Rouge Française, Union des Femmes de France, Hôpital auxiliaire 108, Le Havre, 1914-1918 rédigé par l'administrateur de cet hôpital militaire, Monsieur Noël. Un ouvrage très rare édité à dix exemplaires seulement et conservé aux Archives municipales du Havre.



Notice rédigée par Léa Ansquer, classe de Première S1, 2013-2014.



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