Aperçus sur les deux années au front de Robert Varin
habitant de Sainte-Adresse
13 rue de Bléville, 76310 Sainte-Adresse .



Robert Varin fut soldat durant la Première Guerre mondiale. Vivant alors au 13 rue de Bléville à Sainte-Adresse, il est mobilisé en 1916. Il achève ses dix mois d'instruction en octobre 1916 et est affecté au 204ème Régiment d'infanterie. En novembre 1916 , il se trouve en réserve dans le nord de la France. Ses mémoires nous informent qu'il prend des nouvelles de sa famille régulièrement. Robert Varin part ensuite à Verdun en février 1917, découvre la ville et constate les dégâts dus aux bombardements avant de partir durant la nuit en première ligne. Alternant désormais entre première ligne et positions de soutien, a priori plus calmes, il réussit a rester en vie. Ensuite en octobre 1917 il rejoint le Chemin des Dames, où le canon semble retentir sans arrêt et violemment. Les soldats ont alors des périodes de repos avant de repartir vers de nouveaux secteurs. Des titres de permissions leur sont distribués, un épisode que Robert Varin compare à un heureux événement que les soldats attendent tous avec impatience. Robert Varin explique dans ses mémoires que les soldats se déplacent de position en position a pied, durant des fois des nuits et jours. Malgré ces déplacements réguliers, Robert Varin réussit à rester en contact avec sa famille. Il reçoit ainsi des nouvelles sur la vie a l'arrière, sur ses frères et ses sœurs mais aussi les voisins et malgré le décès de certains proches ou la maladie frappant d'autres, Robert Varin arrive de la sorte à garder le moral. Le 11 novembre 1918, une fois l'armistice conclu, les soldats réunissent leurs affaires et entament leur retour chez eux. Robert Varin rejoint d'abord Mulhouse le 18 novembre 1918 en compagnie des bataillons du 344ème Régiment d’infanterie, après avoir traversé les champs de batailles où Français et Allemands s'affrontaient encore il y a peu et réalise alors que la guerre est bien finie. À l'arrivée dans la ville de Mulhouse, Robert Varin et ses camarades défilent aux sons de musiques patriotiques avant de dîner, de boire et de fêter le prochain retour des soldats. Et c'est en ces termes que Robert Varin décrit dans ses mémoires, quelques années après son retour, ses sentiments ainsi que ceux des autres soldats du 344ème : « Les plus anciens de nos compagnons de lutte se reprennent à espérer le retour prochain et définitif dans leurs foyers, pour nous les jeunes classes il nous faudra sans doute attendre plus longtemps notre libération, mais qu’importe cette attente puisque nous sommes vivants. » Robert Varin ne peut aussi s'empêcher de penser à ceux de ses camarades qu'il a connus durant ces deux années de guerre et qui ont péri : « Puisse leur sacrifice n’avoir pas été inutile et n’être jamais oublié, ni par leurs compagnons, ni par les générations futures. » Robert Varin a rédigé ses mémoires et a aussi certains croquis de scènes de guerres , avec au dos à chaque fois le paysage de Normandie dont il rêvait avec nostalgie lorsqu'il était au front.




Au recto , deux soldats français assistent de leur tranchée à de multiples explosions. Au verso , Pierre Varin peint la plage d'Etretat , l'ambiance semble calme et silencieuse , mais surtout apaisante, cela contraste avec le paysage de l'autre côté.

Source : Journal de guerre  de Robert Varin ; peintures à l'aquarelle de Robert Varin. Archives municipales de la ville du Havre.


Notice réalisée par Léa Berthelot, Joséphine Maërtens et Mathilde Lusso, classe de Première S1, 2013-2014.

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